Oui, mais si…?

Me revoici, après une absence de 4 mois… Après l’échec de notre transfert d’embryon frais en juillet, nous avions décidé d’attendre le décès de mon père (qui était imminent…) avant de songer au transfert du seul embryon congelé qu’il nous restait suite à FIV2. Après tout, pourquoi s’imposer un stress supplémentaire? Papa est décédé le 25 août au terme d’un long et pénible combat. Il m’avait dit qu’il était persuadé que je réussirais à tomber enceinte après son décès… Et je voulais bien y croire aussi. Au départ, on pensait se donner quelques mois de pause pour me laisser apprivoiser son absence, mais au début septembre, il a été question dans les médias de coupures dans le programme de procréation assistée. Tic, tac… Le temps joue donc contre nous et nous empêche d’y aller à notre rythme. De plus, une de mes collègue de travail m’a annoncé sa grossesse. Après avoir encaissé le coup, je me suis efforcée de voir la situation autrement. Comme je la considère aussi comme une amie, je me suis dit que ça serait chouette d’être en congé de maternité en même temps! On a finalement décidé de faire notre transfert en septembre puisque je me sentais mieux que prévu suite au décès. Secrètement, j’espérais que mon père nous aide de là-haut! Mais cela ne fut pas le cas, le résultat a été négatif… Déception, consternation, découragement, panique… Évidemment, c’était trop beau comme plan! Comment en vouloir à papa de ne pas avoir pu nous aider?

Je ne sais plus où j’en suis. Moi qui avait jusqu’ici résisté à tenter toutes les médecines alternatives, me voici prise au piège du « oui, mais si? ». J’ai toujours eu un esprit très rationnel et en tant que pharmacienne, j’ai beaucoup de difficulté à croire aux médecines alternatives. Au quotidien pour mon travail, je me fie à ce qui est basé sur les résultats d’études (evidence based). J’ai toujours eu l’impression qu’il s’agissait là une manière d’exploiter la vulnérabilité des couples infertiles prêts à tout pour un +. J’avais résisté… jusqu’ici! Et oui, me voici victime à mon tour du « oui, mais si… » et cela me frustre. Comme je ne croyais pas avoir à me rendre aussi loin dans le parcours , je me croyais à l’abri de cela. Mais à l’aube d’avoir à faire mon deuil de l’enfant tant souhaité, tout bascule. Si je ne réussi pas à tomber enceinte, comment-est ce que je vivrai avec l’impression de ne pas avoir tout tenté? J’ai donc débuté l’acupuncture en octobre et je rencontre une ostéopathe cette semaine. En comptant aussi les frais de psy, le prix de tous ces traitements est exorbitant. Pour l’instant, je suis privilégiée d’avoir les moyens de me les payer. Je n’ose même pas m’imaginer la détresse supplémentaire des couples pour qui ces frais connexes s’ajoutent au fardeau financier des traitements.

J’ai évidemment revu mon médecin, mais je ne me sens pas plus avancée. Je réalise que chaque clinique, chaque médecin à sa propre « recette ». Il m’explique qu’il n’y a pas de traitement infaillible et que plusieurs médicaments sont utilisés sans avoir démontré de d’efficacité supérieure dans les études… Tout ceci est très empirique. Comment fait-on alors pour décider à quel médecin confier notre sort? Mon médecin se fie beaucoup sur la littérature et cela rejoint mon coté rationnel. Je lui fais pourtant confiance, mais là, je ne sais plus que penser. L’envie de demander un second avis se pointe le bout du nez. Dans notre cas, rien ne semble expliquer de manière évidente notre infertilité, c’est d’autant plus frustrant puisqu’on ne sait pas contre quoi on se bat. Il m’explique qu’il ne changerait rien au traitement. J’ai déjà eu un TG positif (de très courte durée) et avec la ICSI, nos embryons atteignent le stade de blastocyte, ce qui est bon signe. Je n’aime pas l’idée de ne rien changer. Le fait de changer quelque chose me donne l’impression d’être dans l’action, d’être pro-actif. C’est là que le « oui, mais si? » refait surface. Et si, le « cocktail » de médicament de l’autre clinique était plus efficace? Et si, la dose plus élevée qu’ils me proposaient donnait plus d’ovules? Je sais pourtant que c’est la qualité et non la quantité qui compte…

Déjà qu’au quotidien, j’ai de la difficulté à prendre une décision et à vivre avec sans la remettre en question, là je n’arrive carrément pas à prendre de décision de peur de me reprocher l’échec. L’enjeu est juste trop gros.

Comme si tout cela n’était pas assez, il faut que le gouvernement s’en mêle avec le projet de loi visant à restreindre l’accès et la fin de la gratuité. Allons-nous précipiter notre dernière FIV sans être prêts? C’est plus que probable. Avec les délais pour la consultation, j’ai peur de ne pas avoir le temps de demander un second avis avant la fin de la gratuité.
Et pendant qu’on tente si bien que mal d’en arriver à une décision, le temps file… TIC TAC… Oui, mais si…?

La vie c’est d’la marde!

Pas besoin d’un dessin pour deviner que cette FIV 2 est un échec. Je suis démolie. Et pourtant… Je m’étais montrée moins bavarde pour ce cycle, j’avais moins envie d’en parler et je me sentais plus sereine. Je croyais ne pas m’être fait trop d’espoir cette fois-ci. Tu parles ouais! C’était pourtant bien parti… On avait eu droit à une icsi cette fois-ci et au lieu de transférer seulement un blastocyte précoce, la récolte avait donné (sur 5 ovules) un 3 BB qu’on a transféré et un 4 AB qu’on a congelé. Si j’avais fait une FC avec un blastocyte précoce, ça devrait bien aller avec un blastocyte bien formé… Erreur!! Je n’ai même pas eu a attendre le suspense du TG… Et moi qui avait hâte! La marée rouge est débarquée à ma grande surprise à 13 DPO.  Je voudrais disparaître et réussir à croire que je fais un cauchemar. Je sais qu’il me reste un coco de congelé, mais ce soir je n’y crois plus, tout me semble noir. Et si on n’y arrivait pas? La panique s’installe. Je vais devoir l’annoncer à mon père qui est mourant et qui aurait tellement aimé me savoir enceinte, heureuse et comblée avant de mourir… Je ne sais vraiment pas comment je vais réussir à lui dire. Je ne veux pas lui montrer à quel point je suis dévastée. La seule chose que j’aurais envie de faire est de FUIR à l’étranger pour une période indéterminée sans obligation, pour ne vivre que l’instant présent et ne penser à rien d’autre. Un jour peut être…

Pingoui-concours!

J’ai toujours trouvé adorable de voir les bébés pingouins assis sur les pattes de leur maman! J’ai bien aimé retomber en enfance le temps de ce dessin!

C’est reparti!

Après près de 3 mois d’absence, me revoici!

En effet, après ma FC j’ai ressenti le besoin de me retirer un peu. J’ai continué à vous lire bien sûr, mais j’avais moins envie de participer à toutes vos discussions et je dois avouer que l’annonce de plusieurs de vos grossesses ont été douloureuses. Mais avec le recul, je suis enfin capable de dire que je suis heureuse de vous savoir à bord du train tant convoité.

Quand j’ai revu mon md en avril pour le bilan post FIV-1, il a finalement conclu que j’avais bien répondu et que malgré mon seul blastocyte sur 7 ovules fécondés, il voulait que je fasse la FIV-2 avec exactement le même protocole puisque la qualité ovocytaire peut varier d’un cycle à l’autre. J’avoue que cela m’inquiète un peu. J’aurais aimé faire ne serais-ce qu’un petit changement histoire d’avoir la sensation d’avancer, d’être pro actif quoi! Là j’ai plutôt l’impression de piétiner et d’avoir gaspillé un cycle de FIV sur les 3 auxquels j’ai droit ( et ça, c’est évidemment si le programme n’est pas aboli cet automne par notre super gouvernement!). J’ai à la fois hâte et je suis terrifiée à l’idée que ça se solde par un nouvel échec. Comme mon centre est récent, petit et indépendant d’un centre hospitalier, je me demande aussi s’il m’offre tous les services disponibles. Plusieurs d’entre vous parlent de caryotypage d’ADN et de matricelab… Je ne sais pas trop quand cela est indiqué ni même si cela est disponible au Québec. Au départ, j’avais une confiance aveugle en mon md, mais suite à cet échec, je doute… je remets en question mon choix de revenir vers sa clinique plus humaine vs l’usine au service discutable qui offre tous les services inimaginables. J’essaie de ne pas penser à l’éventualité d’un 2ème échec car la panique s’installe. Je veux vraiment y croire, mais ce n’est pas toujours évident pour moi.

Nous avons également débuté les démarches pour l’adoption interne au Québec (parce qu’à l’international tout semble bloqué pour le moment) mais le délai d’attente est de 6 à 8 ans (ouch!). Je suis bloquée… Incapable de remplir la dernière partie du formulaire où il faut écrire en ordre d’importance les motifs qui nous poussent à vouloir adopter (l’infertilité faisant évidemment partie de ces motifs!). Je n’aime pas trop l’idée que quelqu’un juge mes raisons, peur d’en oublier, de ne pas répondre les réponses attendues… J’ai aussi lu récemment des histoires d’adoption qui ont viré au cauchemar. Disons que ça a refroidit mon ardeur!

Durant le dernier mois, j’ai aussi reçu une patiente à la pharmacie qui débutait son premier traitement de FIV. J’ai eu envie de lui partager que j’étais embarquée dans la même galère qu’elle et je crois que cela nous a fait du bien à toutes les 2. Évidemment, je ne parle pas souvent de ma vie personnelle à mes patients, mais là j’ai vraiment senti que ça l’avait mis en confiance (on se sent parfois tellement seul et perdu dans ce parcours parsemé d’embuches) et que cela l’avait rassurée quant à sa crainte des injections. Je me suis assurée de faire un suivi particulier avec elle pour vérifier que tout se passait bien. Et finalement, j’en ai tiré profit moi aussi parce que dernièrement ça me fait du bien de « sortir du placard », même si parfois les premiers commentaires de l’entourage (du genre: « pourquoi vous ne trouvez pas une mère porteuse? ») m’apparaissent vraiment déplacés!

Ce matin, j’ai eu le feu vert pour commencer mes injections de Gonal-F dès ce soir. Évidemment, je suis en territoire connu donc moins de crainte qu’en février dernier. Un jour à la fois…

P*tain d’alzheimer!!

Vendredi dernier, je suis donc allée à ma clinique pour mon test de bHCG de contrôle #3 puisque le #2 (fait dans un autre labo) avait donné un résultat inattendu… On devait me rappeler le jour même pour m’informer du résultat et de la conduite à tenir. Je n’ai eu aucun appel vendredi. Disons que j’avait hâte d’en finir avec l’incertitude… Alors j’ai décider d’appeler à la clinique dimanche. Finalement, Dr. B. (la gentille française!) m’a rappelé et m’a annoncé que mon bHCG était à 114 ui/L… Et donc qu’il avait diminué de moitié vs celui de la semaine précédente. Elle ne croit pas qu’il s’agisse d’une GEU, mais veut que je refasse un contrôle 7 jrs plus tard pour confirmer que ça baisse toujours afin de confirmer la FC. Elle me dit aussi que d’un labo à l’autre, les résultats varient, en effet.

La secrétaire devait me rappeler ce matin pour me donner les rendez-vous de pds et de suivi médical en vu de programmer la suite. Finalement, ce n’est pas la secrétaire qui m’a appelé, mais plutôt une infirmière… Pour me dire qu’elle ne comprend pas que j’aie appelé la veille puisqu’elle a écrit dans mon dossier qu’on s’est parlé vendredi!!! Euh… Non, on ne s’est pas parlé, je n’ai eu aucun suivi vendredi. Et là, madame insiste… Il faut qu’on se soit parlé puisque je l’ai écrit dans le dossier!!! Non, mais est-elle en train de me dire que je fais de l’alzheimer. Je peux vous dire que ce n’est pas le genre de chose que j’oublierais!!! J’en revenais pas. J’avais envie de lui répondre que je ne doute pas qu’elle ait parlé à quelqu’un, mais ce quelqu’un n’était pas moi!! Mais j’ai décidé que ça ne valait visiblement pas la peine de continuer dans cette voie!

Ensuite, elle me dit qu’elle peut me faxer une requête pour faire ma pds au labo de mon choix… Euh non merci, la dernière fois, ça a foutu la confusion et j’ai dû repayer pour refaire le test chez vous… Alors si ça ne vous dérange pas trop, je vais le faire chez vous directement cette fois-ci! Et pour finir, je revois mon md le 16 avril pour discuter de la suite…

J’ai dis à mon conjoint que je voulais qu’on discute sérieusement de l’adoption. Parce que si c’est une option, il faudrait bien qu’on entame des démarches…

Je voudrais en profiter pour remercier sincèrement chacune d’entre vous pour votre présence et de votre soutien. Votre présence virtuelle m’a vraiment aidé à traverser cette période difficile. Ça fait tellement de bien de se sentir comprise et épaulée! Mille mercis xxx

Perplexe!!

Bon… Comme je m’y attendais, on m’a finalement demandé de passer une 2eme pds pour confirmer la FC.  Comme je n’étais pas pressée d’avoir le résultat, on m’a proposé d’aller au laboratoire de mon choix. J’ai donc décidé d’aller tout près de chez moi hier. En plus ils envoient les résultats par courriel!  Quelle ne fut pas ma réaction de voir que mon taux de bHCG est passé de 236 UI/L vendredi dernier (16 dpo) à 429 UI/L hier (21 dpo) !!!  À n’y rien comprendre…

Il semble bien que je ne sois pas la seule à être perplexe puisque ma clinique e m’a rappelé ce matin pour me demander de repasser une 3eme pds, mais chez eux cette fois! Re-$$$!

ma réflexion:

1) Mes saignements étaient tellement abondants, que je ne vois pas comment mon coco aurait pu s’accrocher.

2) Si par miracle il est encore là, le taux n’a pas progressé normalement… Mauvais signe. GEU??

3) Comme le test n’a pas été fait dans le même labo, je me demande sincèrement si les résultats peuvent varier à ce point… Il me semble que ça ne fait aucun sens.

4) grossesse gemellaire avec progression d’un seul des 2 embryons?

 

dites-moi, avez-vous déjà vu ça?? On verra bien demain…

 

 

Du bonheur au cauchemar…

Ma pds était prévue pour hier matin, vendredi, mais jeudi soir, j’ai commencé à avoir des pertes marrons à rosées. De quoi m’inquiéter évidemment, même si je sais que c’est possible malgré une grossesse. J’en parle à mon amoureux et la seule chose qu’il trouve à me répondre c’est que je suis négative. Que je dois attendre au lendemain avant de dire que ça n’a pas fonctionné. Bravo pour le support moral!! Je n’ai pas dit que tout était fini…seulement que j’étais inquiète, ce qui est plus que légitime selon moi.

Vendredi am, mêmes pertes, mon r-v de pds est à 13h. On a dû attendre 1 heure et demie pour le résultat… qui est positif! Vous êtes enceinte!! L’indice principal qui me faisait y croire est que je n’avais plus d’acné depuis 1 semaine, comme lorsque je prenais de l’œstrogène avant de débuter la FIV. On me rassure sur mes pertes en me disant de ne pas m’inquiéter à moins d’avoir des caillots et on me donne r-v dans 2 semaines pour une écho. Je pleure de joie et de stupéfaction durant tout le trajet de retour. Après plus de 3 ans d’attente et de traitements… Enfin, ça y est! Je me précipite chez mon père pour lui annoncer la bonne nouvelle en me disant qu’il pourra mourir en paix en sachant que je serai maman…

Mais à peine de retour chez moi, le cauchemar commence… Ça sent la FC. Des saignements franchement rouges cette fois et de plus en plus abondants avec des caillots évidemment. Je suis désemparée…je me sens complètement démollie. J’avais réussi à entrevoir le bonheur durant une petite heure avant que l’apocalypse ne se pointe. J’aurais préféré ne pas savoir que j’étais enceinte, ça fait tellement mal. J’ai passé le reste de la journée roulée en boule sur le divan. Je devrai attendre à dimanche pour rejoindre ma clinique… mais dans ma tête, pas vraiment de place pour l’espoir… ça fait trop mal… c’est bel et bien terminé.